Plaquette de saison 2017-2018
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créations

roméo et juliette

viens, nuit, viens, Roméo, viens, mon jour dans la nuit

Ce sera une « version belge », bilingue, avec une Juliette et des Capulet flamands, et un Roméo et des Montaigu wallons. Je pars du rapport d’amour-haine qui existe depuis des décennies entre les deux communautés belges et de ce laboratoire microcosmique européen qu’est la Belgique avec son Prince. Pour raconter l’histoire universelle que Shakespeare a écrite autour des personnalités complexes de Roméo, sorte d’ado pré-Hamlet, no-life suicidaire perdu dans le virtuel avant l’heure, et Juliette, une si jeune femme qui a un côté aspirateur comme Dalida en même temps qu’un bon sens issu d’un pragmatisme bien nordique : même tout petit, le pays de la capitale de l’Europe reproduit l’éternel conflit entre le nord et le sud, les wallons étant les plus germaniques des latins, les flamands les plus bourguignons des européens…

Deux tout jeunes gens qui naissent dans des familles aisées et rivales mais où il y a plus d’épines que de pétales. Des Capulet du Nord, nouveaux riches au réalisme nourri de décennies de lutte pour l’identité flamande, des Montaigu du Sud empêtrés dans les privilèges d’une vieille aristocratie wallonne à la française et adeptes du « non ». Des langues différentes mais une même lutte contre les occupants espagnols, français, hollandais, allemands... Et surtout un même partage, entre fourmis et cigales, des grands courants spirituels et artistiques qui ont traversé l’histoire de leur pays et que Shakespeare n’aurait pas reniés : l’expressionnisme, le surréalisme, le fantastique… Mais des voisins qui s’entre-déchirent malgré leur bonne volonté. Le mal qu’un homme peut faire avec les meilleures intentions me paraît plus fort que tous les cataclysmes.

Un soir de kermesse à Bruxelles, le destin a ramassé ses énergies pour exécuter son œuvre – depuis Shakespeare, nous savons que les amours sont décidées au Panthéon par une divinité dotée d’un sens de l’humour très belge. C’est l’exploration de l’attirance humaine pour la chute, liée au motif de la liberté en un lien terriblement secret et dangereux. Peut-être notre art théâtral, qui travaille avec la fonte du recto et du verso de notre âme, peut-il révéler quelque chose de nos vérités dormantes. Et, surtout, il y a dans la pièce un paradoxe assez phénoménal, qui tient à l’énergie cathartique que porte le motif tragique. La puissance de ces jeunes gens contient une force spirituelle qui permet de ne pas désespérer du monde.

de William Shakespeare
mise en scène Yves Beaunesne

distribution Laurens Aneca, François Beukelaers, Gilian Petrovski, Olivier Constant, Thomas Mustin, Mout Uyttersprot, Patrick Descamps, Simon Baetens, Sophia Leboutte, Bien De Moor, Chris Thys, Els Olaerts, Evelien Bosmans, Matilde Casier
traduction, adaptation et dramaturgie Marion Bernède
scénographie Damien Caille-Perret
assistante à la scénographie Johanna Daenen
lumières Jérémie Papin
création musicale MLCD (My Little Cheap Dictaphone) costumes Jean-Daniel Vuillermoz
son Jean-Damien Ratel
maquillages Catherine Saint-Sever
assistanat à la mise en scène Marie Clavaguera Pratx et Sébastian De Witte direction technique Baptiste Bussy
assistante stagiaire à la mise en scène Amélie Chalmey

production Comédie Poitou-Charentes
avec le soutien de la Drac Poitou-Charentes, de la Région Poitou-Charentes et de la Ville de Poitiers
coproduction Le Théâtre de la Place à Liège, Le Grand Théâtre de Luxembourg, Le Centre Dramatique National des Alpes – Grenoble
avec le soutien de L’Atelier Théâtre Jean Vilar de Louvain-La-Neuve

Portfolio

  • Roméo et Juliette
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