Plaquette de saison 2017-2018
Inscription à la newsletter
My Email Form


créations

Poitiers
Salle Comédie PC
- mer 02.12.15 › 19h30
- jeu 03.12.15 › 19h30
- ven 04.12.15 › 19h30 (séances tout public)

Renseignements et réservations :
05 49 41 43 90 comedie@comedie-pc.fr

contact tournée : benjamin.bedel@comedie-pc.fr


dossier La Réparation

la réparation

si on explique, ça fait moins mal

La réparation est une mise en voix et en musique d’un texte écrit à partir d’extraits de paroles recueillies auprès de soignants professionnels, à différents postes et dans différentes structures, en Vienne et en Deux-Sèvres.

On est utile dans ce métier. Se sentir utile, c’est une forme de réparation. J’aimerais ne pas dire ça. Ce n’est peut-être pas pour rien que c’étaient des sœurs qui faisaient ce métier. C’était un don. Je me demande parfois si on le fait vraiment pour les autres ou pour soi.
Quand on entend les sirènes du Samu, on sait que c’est pour nous.
On apprend à dire les inquiétudes, on apprend à être franc.
On va courir à une sonnette qui vient de quelqu’un qui ne sonne jamais habituellement.
On a un humour très particulier, un humour un peu noir que nous seuls pouvons comprendre.
On reste parce qu’on aime aider les autres. Si on pouvait soulager toute la souffrance, ce serait super, mais malheureusement, on ne peut pas.
On n’est pas des sauveurs, on est là pour écouter la parole. Si on a la solution et que la personne la refuse, c’est très dur à accepter pour des soignants. Mais qu’est-ce qu’on est, pour imposer à quelqu’un d’être soigné contre son gré ? On se doit de respecter un refus de soin.

La première fois qu’on percute la veine, on espère être dedans. Les piqures, les prises de sang, je m’étais dit : c’est là que je vais devenir infirmière, ou pas, comme une sorte de passage.
La première fois que j’ai touché une personne décédée, j’avais 16 ans, je faisais un stage.
La première fois que j’ai fait un examen vaginal, ce qui m’a le plus surpris, c’est la chaleur.
La première fois que j’ai posé ma main sur le ventre d’un monsieur, j’ai dû rougir, vraisemblablement.
La première fois que vous fermez les yeux à un mourant, ça, vous ne l’oubliez pas.
Ma première garde, je ne m’en souviens pas, pourtant j’ai dû me dire " ouf elle est terminée ! "

Chaque corps est un temple.
L’être humain s’envisage avec prudence.
Il y a aussi des protocoles d’humanité.
Pourquoi j’ai eu envie de faire ce métier ? Faut aimer les gens, ça c’est sûr. C’est ridicule ce que je vous dis là, non ? Aimer l’autre.

Laure Bonnet

texte, mise en scène et jeu Laure Bonnet
à partir d’une collecte de paroles de soignants professionnels en Vienne et en Deux-Sèvres
musique Eric Proud

production Comédie Poitou-Charentes – CDN
remerciements à Claire Malka et aux élèves de l’école d’infirmière, le personnel de la PMI de la Vienne, l’EHPAD de Ménigoute et l’EHPAD de Coulonges-sur-l’Authize,
et à tous ceux qui ont accepté de m’apporter leur témoignage, en libéraux ou en structures

Portfolio